mercredi 17 novembre 2010

Qu’est-ce que le spasme de vivre?


Ma maison est un jardin de givre, asile d’une poésie folle, «Nil again». Le néant. Plus rien. Le vide me remplit. Au creux de ma main, mes cinq doigts se referment sur la «pomme» du péché «original». Ai-je vraiment péché de vouloir faire les choses différemment?

La bâche recouvre maintenant l’ensemble de la propriété rendant ainsi la bicentenaire bedonnante sur les trois faces, dans «la tente» d’une renaissance.

Ce matin, un vent de folie souffle et m’essouffle. Je m’agite dans tous les sens comme les toiles bandées sur la structure de bois. Des tremblements me secouent de la tête aux pieds. Je ne contrôle plus rien. Je reste tout de même fidèle au cinquième «Élément». L’amour de vivre m’enivre. Le besoin de me dépasser m’habite, tout comme nous habitons cette vieille demeure. Mon cœur se serre à la moindre bourrasque. Les châssis aux vieux carreaux de vitre claquent avec frénésie, sous la force du vent fou.

La saison froide approche. Nos outils disparaissent de moins en moins. Les nains de jardin «nose» même plus mettre leur gros pif à l’extérieur de peur d’attraper «artériose-nez-rose».

J’ai froid. Il pleut. Ma vie est humide. Je reste tout de même là à guetter la fin. Je regarde en haut, les yeux fixés vers le ciel. J’implore. Je demande une pause. L’accalmie. Une petite trêve, de quelques heures, de quelques minutes, de quelques secondes. J’attends que le vent suffoque, que la tempête se calme, le temps d’un battement d’ailles. Je zieute les gros nuages gris cracher leur colère baveuse sur le plastique de la bâche. Je surveille du coin de l’œil, l’envol d’une âme perdue, pendue à sa destinée. Tourbillonnant en spirale, je la vois s’élever plus haut que les nuages amenant avec elle un morceau de la bâche.

À J’Osée © tous droits réservés

lundi 8 novembre 2010

La petite fée du logis


Il pleut des cordes. Mais ce n’est pas une raison pour se pendre avec. Et ce, même si de ce temps-ci je suis littéralement pendue à mon portable pour prendre des nouvelles du temps qu’il fera demain. Cet ordinateur cupide se flatte constamment le gros égo en prétendant faire la pluie et le beau temps. Toujours la grosse tête ce vieux Sony!

Ce matin, malgré l’averse torrentielle qui tombait à l’extérieur, j’ai fait une petite marche en forêt, question de changer d’air (normal avec les vapeurs de kérosène qui me montent à la tête). À mi-chemin de mon tracé quotidien, je me suis mise à voir un tas de petits points blancs voltiger tout autour de ma tête. On aurait dit de minuscules petites mouches valsant au gré des gouttelettes de pluie qui baignaient la forêt. Puis soudain, elles arrêtèrent leur danse pour se déposer sur une feuille de chêne qui pendouillait timidement. Et comme j’approchais pour regarder de plus près elles se sont dispersées pour faire place à une autre bestiole un peu plus imposante aux coloris bleus électriques. Elle battait des ailes à une vitesse incroyable, tellement vite que j’arrivais à peine à distinguer sa forme. On aurait dit une microscopique poupée translucide. La nature ne finira jamais de me surprendre!
Fascinée, j’ai tendu la main vers l’insecte pour qu’elle puisse y monter. Et à ma grande surprise, elle est venue se jucher sur le bout de mon nez. Le regard entrecroisé, j’ai pu admirer une magnifique petite fée aux longues ailes qui avait piqué ses souliers en peau de soie dans mon épiderme délicat. Je me retenais pour ne pas éternuer. La dame était vêtue d’une longue robe bleue cousue de plusieurs étoffes chatoyantes. À chaque battement d’ailles, sa robe scintillait. Ses longs cheveux d’ange pendaient jusqu’à ses chevilles que le froissement d’ails faisait virevolter.

Soudainement, j’étais devenue une petite fille et sans trop réfléchir, j’ai fait trois vœux : 1) Que la maison soit recouverte d’un parement avant l’hiver; 2) Que les textes pour mon spectacle soient terminés avant Noël; 3) Que je me replonge dans un prochain texte de roman d’ici la fin de mon congé.

La petite fée a hochée de la tête et les gouttelettes de pluie se sont transformée en millier d’étoiles scintillantes. Les chiens, fous de joie, gambadaient dans tous les sens, asseyant de les attraper. La dame bleue a déplié ses ailes puis s’est faufilée dans ma chevelure pour finalement glisser dans le creux de mon oreille. Je l’ai senti pénétrer mon âme, puis… plus rien. Même la pluie a cessé. On aurait dit que les gouttelettes avaient suspendu leur vol. La forêt était si calme, silencieuse. Les chiens se sont doucement rapprochés de moi. Distraitement, j’ai glissé ma main dans leur fourrure. Sur le chemin du retour, mon esprit était ailleurs. Une grande joie m’envahissait de l’intérieur. Je me sentais baignée d’une plénitude, comme si j’avais toujours su.

À partir de cet instant, je savais la provenance de cette petite voix, celle qui m’accompagne si souvent. Celle qui me chuchote à l’oreille des réflexions qui m’aident à garder le cap. Désormais, j’avais la certitude que cette fée minuscule, croisée au hasard de la forêt, logeait chez moi et contribuait à rendre ma vie merveilleuse.

Et votre fée à vous… elle a l’air de quoi?

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dimanche 31 octobre 2010

Pauvre Saint-Antoine!


Pour donner suite à mon texte relatant nos pertes d’outils passagères, une amie m’a écrit, sur mon courriel personnel, qu’il serait bon pour nous d’invoquer Saint-Antoine de Padoue. Et bien cette stratégie a déjà été utilisée et vous savez quoi??? Saint-Antoine lui-même, patron des objets perdus ne savait plus à quel saint se vouer tellement nos invocations devenait répétitives. Il nous a même fait parvenir une mise en «demeure» pour harcèlement. Lui qui trouve toujours tout, même les brebis égarées, a fini par en perdre son latin. Mon amie nous suggère également de tout mettre dans une chaudière. Excellente idée! Mais comme nous avons besoin de plusieurs outils nous nous sommes équipés, de 5 chaudières, à la quincaillerie du village. À la fin de la journée nous en n'avons trouvé que trois. Les deux autres s’étaient volatilisées avec leur contenu. La tactique de mon amie concernant le rangement des outils semble plaire davantage aux nains de jardin qui se mobilisent pour transporter en gang tous les outils d’un seul coup.

J’ai bien peur que nous nous trouvions dans une «nain-passe» nous obligeant à faire preuve de stratégie. Que faire contre ces «nains-posteurs» qui nous chipent tout notre matériel?

Aux petits nains, les grands moyens! J’ai eu la brillante idée d’attacher les outils directement après mon chum. De cette façon, plus personne ne pourra faire « nain-basse » sur ses affaires. Du haut de ses 6 pieds, il pourra voir venir les petits bonshommes qui devront se faire la courte échelle pour réussir à attraper leur butin.
Dorénavant, le moins qu’on puisse dire, c’est que mon amoureux est bien outillé pour faire face à toutes éventualités.

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samedi 30 octobre 2010

Hououououou… You houououououououou!!!!


En cette belle journée d’Halloween, à de «you» ce qui sont les entrepreneurs et les menuisiers? Se sont-ils déguisés en fantômes, ou en courants d’air?

Depuis quelques semaines, j’ai l’impression d’être la vedette d’un film d’horreur hongrois de série B sous-titré en allemand dont le titre traduit en français pourrait être : «La maison se cache pour pourrir!» (Mauvais «remake» d’une série américaine). On y va de surprise en surprise mon chum et moi. Plus on gratte et plus on trouve. Une petite planche humide surgie ici et là dont on doit faire l’ablation pour le bien-être de notre bicentenaire. En plus, de passer une bonne partie de mon temps à chercher un entrepreneur fiable et compétent ou un bon menuisier pour terminer quelques travaux laissés en plan par notre entrepreneur initial qui a répondu à l’appel d’un contrat plus lucratif à cent mille lieues de Québec. Notre entrepreneur s’étant volatilisé dans la nature au profit d’un riche complexe résidentiel, je me vois donc dans l’obligation de trouver quelqu’un d’autre. J’ai fait appel à tous mes contacts en construction, ainsi qu’au cousin de la cousine du beau-frère, de l’arrière-grand-père de ma tante par alliance, marié à une Grecque au Pérou. Mais c’est pareil pour tout le monde, peu importe les contacts, aux portes de l’hiver les entrepreneurs et les menuisiers ont un agenda aussi rempli que celui du premier ministre. Ils se préparent à entrer leurs outils pour hiberner. Personne n’est disponible à moins de payer le gros prix… Là, ils peuvent casser la glace et peut-être faire une petite exception pour passer par chez vous avant d’entrer dans leur igloo pour la saison froide. Et encore là… Ça force un peu!

Mon défi de la semaine : Trouver un menuisier efficace qui comprend quoi faire avec les matériaux que nous a fait acheter l’autre entrepreneur.
Mes achats de la semaine : Une tuque, des gants de laine et une chaufferette au propane pour chauffer ma bâche de plastique.
Mon exploit de la semaine : teindre le cadrage de mes fenêtres de devanture ainsi que celle de la porte principale alors que le mercure jouera entre 4 et 6 °C.
Mon objectif de la semaine : Rester zen et cesser de me ronger le tour des ongles. (L’achat des gants de laine sera utile pour minimiser les dégâts.)

J’Osée me faire mon propre film d’horreur avec une fin heureuse qui dans mes rêves les plus fous se termine par la phrase suivante : «Ils se réchauffèrent et eurent beaucoup d’agrément dans une maison isolée et recouverte d’un joli parement!»

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mercredi 27 octobre 2010

Non, mais… eh de you ce que c’est???


Mon chum a encore perdu un outil. Son tourne vis cette fois-ci, celui avec les multi pointes interchangeables. Hier, c’était son égoïne. Avant-hier, son niveau au laser. Avant avant-hier son crayon marqueur. Je pourrais remonter ainsi la liste jusqu’au tout début des travaux. Tous les jours, on tourne en rond à la recherche d’un outil perdu qu’on finit toujours par retrouver dans un coin, quelque part, où on ne l’a jamais déposé.

Soit que mon amoureux est du type éparpillé, ou plutôt distrait. À moins qu’il souffre d’amnésie partielle reliée aux travaux de rénovation. Soit qu’il raffole des chasses au trésor. Ou bien autre possibilité, celle-là peut probable, soit que quelqu’un vienne subtilement dérober nos outils sous notre nez pour se construire un complexe hôtelier, sur le terrain, à notre insu. Comme nous n’avons rien remarqué d’anormal de ce côté, cette possibilité reste improbable. Quoique… le mois dernier, en me promenant dans le jardin j’ai découvert tout un village champêtre formé d’énormes champignons. Et si ce complexe végétal abritait des petits bonhommes bricoleurs qui vivent dans mon potager, peut-être que la disparition des nombreux outils pourrait enfin être justifiée.

Mais c’est qu’il n’y a pas que des outils qui disparaissent puisque cette subtilisation d’objets s’étend maintenant aux clés de voiture, aux chaussettes, aux sous-vêtements, aux brosses à cheveux, etc. La seule chose que l’on ne nous ait pas encore dérobée se trouve bien campée entre mes deux oreilles. Mon imagination n’a pas encore fait l’objet d’une disparition. Heureusement! Parce qu’elle m’aide à mettre un peu d’humour dans mon quotidien. Des fois, à force de tourner en rond, mon amoureux s’enrage à ne rien trouver de ce qu’il cherche et plutôt que d’évoquer tous les Saints de l’Évangile, il accuse maintenant « les nains de jardin ». De cette façon, son honneur est sauf et ça nous permet de désamorcer la situation tout en continuant à chercher l’objet perdu avec le sourire, plutôt qu’avec la rage au cœur.

Des fois je me demande ce que je n’inventerais pas pour sauver l’honneur de mon homme quelque peu distrait et très peu rangé. Je me dis qu’imaginer c’est aimer… et lorsqu’amour rime avec humour le quotidien devient tout simplement magique!

Y a-t-il chez vous aussi des nains de jardin qui s’amusent à subtiliser vos affaires pour vous faire tourner les nerfs en bourrique?

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samedi 23 octobre 2010

« Y fait fret en torgueux ! »


Les vents froids de l’automne me glacent le sang et les mains par la même occasion. Une maison toute nue, ça transperce l’âme de ceux qui y vivent. J’entends les courants d’air siffler entre les planches de la vieille bi.

Ce soir, je me sens comme ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres pour protéger leur centre. Ces jours-ci, mon feu intérieur se fait ébranler par les grands vents de la vie parce que ma bulle de protection est passablement à nue.

L’hiver approche et avec lui le doute s’installe. Celui de ne pas avoir terminé avant les grands froids d’hiver. À moins que la vie soit bonne avec moi, comme elle l’est toujours; clémente, protectrice, inspirante et aussi parfois éprouvante.
J’envisage même de taper sur le clavier avec des mitaines pour le four si cela continue à trainer de la patte. Ce n’est pas qu’on lambine puisque chaque instant est consacré à restaurer la vieille. C’est juste que c’est long, surtout lorsqu’on y va de surprise en surprise, c'est-à-dire de murs croches en châssis pourris.

Il est vrai que les vieilles maisons ont du cachet. Mais je ne croyais pas, en achetant cette demeure, que le mot cachet se rapportait davantage au portefeuille plutôt qu’au charme réel des lieux.

Cette semaine, alors que j’ai l’impression de vivre dans un énorme «ziploc», j’aurais bien mis une pancarte «À vendre» devant la vieille qui me donne quelques rides plus je ravale sa façade. Les toiles qui l’entourent sont gonflées au max comme des bajoues d’écureuils à l’approche de la saison froide.
Et si la vieille bi, comme une outarde, s’envolait pour une contrée plus chaude, le temps que l’on finisse de réparer l’extérieur.

Il m’est toujours permis de rêver. Peut-être que la vie dans ses larges bontés va exaucer mes prières, qui sait… Peut-être que dame Nature attend que nous ayons remballé tous nos outils avant de faire tomber les premiers brins, de son assommante neige.

Et si je pendais le Christ sur la corde à linge comme le faisaient nos grands-mères la veille de leur mariage avec leurs chapelets, désirant attirer sur elles les doux rayons du soleil pour une cérémonie sans pluie et sans chichi.
Pauvre Christ, crucifié sous ponce Pilatre, puis épinglé pour une question de météo. C’est quand même moche tout ça!
À chacun sa croix! La mienne est construite de billes de bois et la votre, elle est faite de quoi?

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vendredi 15 octobre 2010

Y a pas que Brigitte…


Y a aussi Serge Gainsbourg qui chantait dans « Le poinçonneur des Lilas » :

«Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous»

Et bien en ce qui me concerne, je chanterais plutôt :

Des bardeaux j’en ai ma tasse
Des bardeaux qui s’entassent
Qui s’empilent dans le coin de mon cerveau
Je ramasse des bardeaux
Des petits et puis des gros
Des bardeaux gris après la pluie
Des bardeaux noirs du désespoir
Des bardeaux blancs c’est élégant
Par grands vents,
Des bardeaux en cerf-volant
Des bardeaux à peinturer
Des bardeaux perforés de clous carrés
Des bardeaux pleins de trous, de petits trous, rien que des petits trous

Et comme dirait ma belle-sœur Gin :

«Un bardeau par jour keeps the doctor away!
A chaque jour suffit son bardeau!
Un bardeau fait le printemps!
La nuit, tous les bardeaux sont gris!
Petit à petit, le bardeau fait son nid!»

Et moi je devrais arriver à Noël en même temps que tout le monde. Tien, tien et si J'Osée vendre mes bardeaux à la pièce pour une œuvre de charité quelconque comme mon «one woman show», c’est tu assez charitable ça? Il n’est pas dit quelque part, dans un best-seller, que : «Toute charité bien ordonnée doit commencer par soi-même». S’«IL» l’a dit, ça doit être vrai!

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