mardi 1 février 2011

La construction… du personnage!


Je sais, j’avais dit que je ne parlerais plus de construction et de rénovations, mais là c’est une exception, puisqu’il s’agit de théâtre. Car ce week-end, j’ai assisté à une formation sur le jeu clownesque. C’était super!

Et comme la vie nous donne toujours ce que l’on a besoin, Dame La Vie a fait en sorte que je sois informée de la venue d’un super formateur français en jeu clownesque qui viendra donner au Québec, une semaine de formation au mois de février. Et vous ne savez pas quoi? Il restait une seule et unique place, que j’ai prise avec joie en disant au formateur : «Oui, je le veux!» Et comme la chance continuait de tourner, j’étais heureuse de découvrir que la formation avait lieu à 20minutes de chez moi en pleine campagne. Et en plus, c’est abordable… Que demander de mieux?

Moi qui me questionne continuellement…, cette fois-ci c’était assez clair… La Vie m’a dit : «La porte est ouverte prend là!» Et c’est ce que j’ai fait. J’ai donc sauté sur l’occasion.

L’écriture de mes textes se poursuit. J’ai un objectif de 6 textes par mois, ce qui n’est pas une mince affaire. Écrire des textes destinés au spectacle ça n’a rien de comparable à un roman. Le texte de spectacle doit pouvoir se dire à haute voix, la formulation est donc différente. Il doit également comprendre des punchs et avoir un certain rythme. Je pense me débrouiller assez bien jusqu’à maintenant. Le travail avec la metteure en scène peaufinera le tout!

Mais pourquoi cette fascination soudaine pour le clown. Tout simplement pour mieux définir mon personnage. Le clown c’est une partie de nous même, c’est aussi une façon de grossir les choses à la loupe, sans louper « l’essence-ciel »!

Dans mon processus d’écriture, je me suis rendu compte que mes textes avaient un fil conducteur et j’ai pensé qu’il serait intéressant de les mettre en bouche d’un unique personnage qu’il me reste maintenant à définir.
Et les ateliers auxquels j’assiste m’aident à construire ce personnage avec ses qualités et surtout, ses petits travers.

Rénover une maison et construire un personnage, c’est un peut la même chose… cela prend de bons outils pour arriver à un résultat dont on peut être fier!

Pour l’instant, je ne connais pas l’aboutissement de mon projet, mais tout ce que je sais, c’est que le chemin que j’emprunte pour y arriver est fort stimulant.

À J’Osée © tous droits réservés

vendredi 7 janvier 2011

Ces relations me rendent complètement marteau!


Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es, disait un vieux proverbe français.
Et bien… en faisant le bilan de mes relations de la dernière année, j’ai constaté que tous les Mario, Carole, Michel, Patrick, Éric, Paul et André que je connais sont des employés de quincaillerie.
J’ai aussi remarqué que tous les Daniel, Alain et Nicolas à qui je donne généreusement ne sont pas des démunis, mais des entrepreneurs bien nantis.
J’ai également observé que tous les Steve, Manon, Éloi et Nelson que je côtoie travaillent le bois.
Que tous les Sylvain, Lucie et Réjean qui me servent de guides sont des spécialistes en teinture ou en menuiserie.

Oufff!!!! Ça serait ti que je commence à être passablement obsédée. Obnubilée par les rénovations de ma vieille bicoque. À un point tel que je n’ai plus de place pour autre chose que le pinceau et le marteau. Que faire le point se résume à poser une tache de teinture crème sur mes poteaux de galerie. Non mais… a peux-tu parler d’autre chose!!!! C’est sûrement ce que doivent se dire mes bons amis qui prêtent une oreille attentive à mes lamentations de Madame Bricole passablement bric-à-brac en vrac. Oufff!!!!! Je sais que je dois en étourdir plus d’un avec mes projets de rénovations qui ont pris des dimensions de montgolfière. Passionnée la dame?... Si peu!
Et si je regardais plus loin que par le trou des serrures de mes nouvelles portes qui, soit dit en passant, n’ont pas été installées correctement.

Bon, bon, ça y est je rechute!

Et si au lieu de rechuter je ne faisais que «chuchuter», comme dans chut! l’index bien appuyé contre les lèvres, les dents cramponnées dans le mot.
Le silence. Une plage déserte. Le vide. Celui qui prend place au creux de mon oreille berçant ma petite fée du logis.

En ce début d’année, je m’interroge sur l’effervescence qui m’habite. Et pour cette nouvelle année, je me souhaite le silence intérieur. Celui qui apporte la paix. Celui qui est attentif au mouvement du cœur, au geste de l’autre, ainsi qu’aux subtilités de la vie.
Et de ce silence, je désire parfumer la terre afin que tout sente bon. Que les relations entre tous les êtres de cette planète puissent sentir la rose et faire de chacun de nous des princes petits ou grands et non des moutons.

Une bonne, merveilleuse et généreuse année à chacun de vous!

À J’Osée © tous droits réservés

vendredi 10 décembre 2010

Un gros mot dans un verre d’eau!



Cette semaine a eu lieu le jour « J », pour jour de rencontre ultra spécial. Le comité dont je fais partie pour la construction d’un aqueduc sur le rang où j’habite rencontrait tous les résidents pour présenter le projet. Chaque membre du comité avait un rôle à jouer. Le mien consistait à animer la rencontre. Tout s’est bien déroulé. Tout, sauf le dernier mot. Celui de la fin. Celui qui nous reste dans la tête jusqu’à ce qu’on entre chez soi. Jusqu’à ce qu’on s’endorme. Jusqu’à ce qu’on arrive au travail le lendemain et les jours suivants. Ce mot qui nous suit de semaine en semaine. De mois en mois. De siècle en siècle, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ce mot de trois lettres pourtant si court et à la fois si gros. Ce mot m’est sorti de la bouche comme un vomi mottonneux.

En fait, j’ai juste dit…, en guise de conclusion «ramassée en tapon improvisé de 30 secondes», a un auditoire qui, en fin de soirée, ressemblait davantage à une gang de poissons-chats avec les yeux ronds comme des billes, pis la bouche en trou de suce : «Comment trouvez-vous le projet? Est-ce que ça vaut la peine de continuer ou vous trouvez que c’est un projet qui ne vaut pas le cul?????»

L’audience est restée stupéfaite, tout comme moi qui aurais bien voulu retenir, par la peau des fesses, le cul sorti de ma bouche, mais trop tard le gros mot avait été propulsé comme un volontaire au pied de la phrase.

En fait entre la demande de mon collègue de gauche d’accélérer la fermeture parce que plusieurs personnes se préparaient à quitter la salle et ce qui se passait dans ma tête il y a eu court circuit. Bref dans mon crâne ça disait : «Non, mais… qu’est-ce que vous avez à tout foutre le camp alors qui reste encore 15 minutes sur l’heure convenues. Denis va vous faire un beau témoignage pis va vous demander si l’on va de l’avant ou pas avec ce projet…. Oups… il ne l’a pas dit, non mais Ti-Jésus… il faut que je ramasse ça sans faire de boulette!

Trois de nos voisins de rang étaient dans le cadre de porte comme trois témoins de «Géo-va» en manque d’air pur (comme dans on va tu rester ou s’en aller). Non mais merde, auditoire dit moi pas qu’on s’est farci le troufignon avec de l’eau de puits durant trois mois pour se faire laver de la sorte par des voisins qui ne veulent pas passer le test. Et par là je parle des gens réticents à l’idée de faire analyser l’eau de leur puits.

Ma fontaine à une borne et c’est ce soir que ça passe ou ça casse. On n’est pas des trous du cul… nous le comité provisoire»! (Et c’est là que le mot cul est sorti à voix haute.)

Désolée si j’ai pu offenser de chastes oreilles. Je dois avouer que pour les gens présents ça du faire une légère dissonance d’entendre la dame, qui s’exprimait bien jusqu’alors, utiliser le mot cul en guise de conclusion. Surtout à un point si «cul-minant» de la rencontre.

Mon collègue de gauche croit que c’est le mélange de sucre à la crème qu’avait apporté une des membres du comité et les vapeurs de kérosène de ma chaufferette qui m’ont fait « tilter ». Bon, contrairement à ce que dit mon collègue de gauche, je ne veux pas faire porter le fardeau de ma boulette à l’excellent sucre à la crème. Mais je dois avouer y avoir été allègrement dans l’empiffrage des petits carrés de bonheur.

Pour la prochaine rencontre publique, mon voisin de gauche suggère de remplacer le sucre à la crème par des chips. Il prétend que le sucre, le kérosène et moi ne faisons pas bon ménage. Il a peut-être raison. Quoi que… cela va peut-être m’amener à avoir des propos encore plus salés.

À J’Osée © tous droits réservés

vendredi 3 décembre 2010

Sot, seau, saut, solidarité!


Se sentir parfois sot devant une situation qui nous dépasse. Déverser son seau dans l’oreille attentive d’une amie. Sauter de joie devant un petit geste. Un sourire. Une bonne blague. Transformer en humour les situations contraignantes du quotidien. Accueillir tous les gestes en guise de solidarité.

Depuis quelques mois, je fais partie d’un comité qui rassemble des gens sur le rang où j’habite. Des gens dont, pour la plus part, je ne connaissais même pas le nom. Au fil des rencontres, des liens se sont noués. Une trame de solidarité et de partage s’est installée entre nous. J’aime ces gens, que j’apprends à connaitre. Ces rencontres deviennent pour moi des rendez-vous précieux. Un lieu où l’on rigole. Une cuisine où chacun apporte sa nourriture. Bagage intellectuel dont chacun s’alimente.
Un tour de table riche d’une expérience dont le but commun est l’eau vive. Cette eau qui nous l’espérons, alimentera nos chaumières, si… Seulement si, tous nos voisins sont en accord avec le projet. Efforts soutenus, partage de connaissance, ces rencontres sont fortement animées.

Auprès de mes voisins, je passe sûrement pour une originale avec ma bâche enveloppante que les forts vents d’automne ont lacérée. Mais les liens tissés entre les êtres arrivent souvent à panser les blessures. Même celles des bâches. Lors d’une de nos rencontres, deux membres du comité m’ont remis un petit sac de plastique contenant quelques biscuits que j’adore. En blague, ils m’ont suggéré d’utiliser le sac pour réparer ma toile. Je les ai pris au mot. C’est bien en évidence que j’ai collé sur la devanture de la bâche ce geste d’humour en guise de solidarité. À chaque fois que mon regard croise la «patch» de plastique, mon cœur rigole et la tâche me semble moins lourde;-)

“SO, SO, SO, SOLIDE-À-RI-T”

À J’Osée © tous droits réservés

mercredi 24 novembre 2010

Une âme à la mère


Aujourd’hui, je me suis réveillée avec une tristesse profonde. Cette peine qui donne envie de pleurer à une amie toute sa détresse. J’ai téléphoné. Lancé quelques S.O.S. au fil du temps, « temps-du » comme une corde raide où il est parfois difficile de garder l’équilibre.

Silence. Seule! Seul l’écho de ma voix sur une ligne morte.Je me sens lourde. Pesante. Je sombre derrière une ombre grise. Le funambule noctambule a mal. Et ce maudit vent qui redouble d’ardeur comme s’il voulait m’emporter. Je résiste. Je me cramponne. Il pousse. Le soleil pointe. Ses rayons faibles d’automne n’arrivent pas à percer la bâche pour se poser sur le rebord de ma fenêtre. J’ai froid. Je dérive. Les bouts de bois lacèrent la toile de plastique comme une chair délicate de vieille femme. Fragile. Tendre.

Comme j’aimerais avoir cinq ans.

Ma mère me prend dans ses bras. Me berce. Me murmure que tout ira bien. Que la souffrance achève. Que les projets prennent parfois des tournures inattendues. Que l’expérience nous rend plus forts. Nous fait grandir. Et si moi, je voulais rester petite!

Le froid me transperce comme une lame de métal. Je veux que tout s’arrête. Et ce maudit vent!

Les claquements de la bâche résonnent dans mes oreilles comme des applaudissements. Ils sont tous venus acclamer les derniers instants de la tragédie comique.

Puis, dans un grand souffle, je m’ouvre! Je laisse jaillir cette douleur qui m’assaille. Telle une pianiste devant son instrument, je laisse glisser mes deux doigts tapageurs sur les touches du clavier. Je libère cette souffrance. Je prends soin. Je deviens ma propre mère. Je me berce. J’éponge mon naufrage. Je reprends mon air. Le vent se calme.

J’ai besoin… Besoin d’écrire. Besoin de baver l’encre comme on brave la tempête. Besoin de combler ce vide qui en fait, n’est qu’un trop-plein.

À J’Osée © tous droits réservés

mercredi 17 novembre 2010

Qu’est-ce que le spasme de vivre?


Ma maison est un jardin de givre, asile d’une poésie folle, «Nil again». Le néant. Plus rien. Le vide me remplit. Au creux de ma main, mes cinq doigts se referment sur la «pomme» du péché «original». Ai-je vraiment péché de vouloir faire les choses différemment?

La bâche recouvre maintenant l’ensemble de la propriété rendant ainsi la bicentenaire bedonnante sur les trois faces, dans «la tente» d’une renaissance.

Ce matin, un vent de folie souffle et m’essouffle. Je m’agite dans tous les sens comme les toiles bandées sur la structure de bois. Des tremblements me secouent de la tête aux pieds. Je ne contrôle plus rien. Je reste tout de même fidèle au cinquième «Élément». L’amour de vivre m’enivre. Le besoin de me dépasser m’habite, tout comme nous habitons cette vieille demeure. Mon cœur se serre à la moindre bourrasque. Les châssis aux vieux carreaux de vitre claquent avec frénésie, sous la force du vent fou.

La saison froide approche. Nos outils disparaissent de moins en moins. Les nains de jardin «nose» même plus mettre leur gros pif à l’extérieur de peur d’attraper «artériose-nez-rose».

J’ai froid. Il pleut. Ma vie est humide. Je reste tout de même là à guetter la fin. Je regarde en haut, les yeux fixés vers le ciel. J’implore. Je demande une pause. L’accalmie. Une petite trêve, de quelques heures, de quelques minutes, de quelques secondes. J’attends que le vent suffoque, que la tempête se calme, le temps d’un battement d’ailles. Je zieute les gros nuages gris cracher leur colère baveuse sur le plastique de la bâche. Je surveille du coin de l’œil, l’envol d’une âme perdue, pendue à sa destinée. Tourbillonnant en spirale, je la vois s’élever plus haut que les nuages amenant avec elle un morceau de la bâche.

À J’Osée © tous droits réservés

lundi 8 novembre 2010

La petite fée du logis


Il pleut des cordes. Mais ce n’est pas une raison pour se pendre avec. Et ce, même si de ce temps-ci je suis littéralement pendue à mon portable pour prendre des nouvelles du temps qu’il fera demain. Cet ordinateur cupide se flatte constamment le gros égo en prétendant faire la pluie et le beau temps. Toujours la grosse tête ce vieux Sony!

Ce matin, malgré l’averse torrentielle qui tombait à l’extérieur, j’ai fait une petite marche en forêt, question de changer d’air (normal avec les vapeurs de kérosène qui me montent à la tête). À mi-chemin de mon tracé quotidien, je me suis mise à voir un tas de petits points blancs voltiger tout autour de ma tête. On aurait dit de minuscules petites mouches valsant au gré des gouttelettes de pluie qui baignaient la forêt. Puis soudain, elles arrêtèrent leur danse pour se déposer sur une feuille de chêne qui pendouillait timidement. Et comme j’approchais pour regarder de plus près elles se sont dispersées pour faire place à une autre bestiole un peu plus imposante aux coloris bleus électriques. Elle battait des ailes à une vitesse incroyable, tellement vite que j’arrivais à peine à distinguer sa forme. On aurait dit une microscopique poupée translucide. La nature ne finira jamais de me surprendre!
Fascinée, j’ai tendu la main vers l’insecte pour qu’elle puisse y monter. Et à ma grande surprise, elle est venue se jucher sur le bout de mon nez. Le regard entrecroisé, j’ai pu admirer une magnifique petite fée aux longues ailes qui avait piqué ses souliers en peau de soie dans mon épiderme délicat. Je me retenais pour ne pas éternuer. La dame était vêtue d’une longue robe bleue cousue de plusieurs étoffes chatoyantes. À chaque battement d’ailles, sa robe scintillait. Ses longs cheveux d’ange pendaient jusqu’à ses chevilles que le froissement d’ails faisait virevolter.

Soudainement, j’étais devenue une petite fille et sans trop réfléchir, j’ai fait trois vœux : 1) Que la maison soit recouverte d’un parement avant l’hiver; 2) Que les textes pour mon spectacle soient terminés avant Noël; 3) Que je me replonge dans un prochain texte de roman d’ici la fin de mon congé.

La petite fée a hochée de la tête et les gouttelettes de pluie se sont transformée en millier d’étoiles scintillantes. Les chiens, fous de joie, gambadaient dans tous les sens, asseyant de les attraper. La dame bleue a déplié ses ailes puis s’est faufilée dans ma chevelure pour finalement glisser dans le creux de mon oreille. Je l’ai senti pénétrer mon âme, puis… plus rien. Même la pluie a cessé. On aurait dit que les gouttelettes avaient suspendu leur vol. La forêt était si calme, silencieuse. Les chiens se sont doucement rapprochés de moi. Distraitement, j’ai glissé ma main dans leur fourrure. Sur le chemin du retour, mon esprit était ailleurs. Une grande joie m’envahissait de l’intérieur. Je me sentais baignée d’une plénitude, comme si j’avais toujours su.

À partir de cet instant, je savais la provenance de cette petite voix, celle qui m’accompagne si souvent. Celle qui me chuchote à l’oreille des réflexions qui m’aident à garder le cap. Désormais, j’avais la certitude que cette fée minuscule, croisée au hasard de la forêt, logeait chez moi et contribuait à rendre ma vie merveilleuse.

Et votre fée à vous… elle a l’air de quoi?

À J’Osée © tous droits réservés